On ne naît pas Maman… On le devient.

Les premières lueurs du jour se faufilent, je me tourne doucement, je cherchais son regard, est-ce qu’il existe? Pour certains, c’est une question inadmissible voire que cela relève de la folie. Le sentiment de la maternité n’est pas inné, il faut s’avoir se l’approprier, le co-construire avec ce tiny human.

Il s’étirait doucement dans cette box vitrée, j’essayais de mémoriser chaque trait, d’épulcher les détails, chaque mime était un événement, Je remontais avec une grande peine pour avoir une vue panoramique, une discussion silencieuse durant quelques secondes voire quelques minutes. Les premiers contacts étaient délicats, il ne faut pas idéaliser ses moments, vivez-les.

Nos regards se sont croisés, je l’ai pris dans mes bras, apeurée par une fausse manipulation, quelques petits gémissements, la grand-mère se réveilla, elle le pris entre ses bras, je m’installe, je mets mon coussin d’allaitement, le petit déjeuner devait être servi, je lui donnais le biberon vu que l’outillage est en souffrance. Quand il s’abreuve, il buvait de travers, j’arrêtais subitement, heureusement, la Mama est là. Il ne faut pas refuser de l’aide, elle est primordiale, votre santé mentale et physique en dépend.

Le premier flux des soignantes défile, la pesée du bébé, les soins, mes comprimés…J’avais engloutie mon petit déjeuner tel le tapis de Sinbad sous ses pieds.Je regardais la télé, j’arpentais mes messages. L’ange salvateur aux allures de starlette apparait….Le visage ferme mais souriant, le petit bonheur, son poids a chuté, le séjour va être rallongé. Un coup de pression non négligeable, la puéricultrice nous a rassurés, mais un doute d’un nouveau genre s’installe, une zone d’inconfort, elle n’avait pas de nom.

Le séjour de ma mère manque de crédit, il s’épuise dans presque 72 heures, 4 jours dans la maternité en mode garde à vous. Il fallait qu’elle se repose, elle prenne une douche, elle était meurtrie. Je profite de ce moment en solo pour jouer les paparazis, je m’improvise photographe, d’ailleurs ces photos, je ne les ai pas revues faute de temps. L’ironie des coincidences, la photographe de la maternité venait proposer ses services, un rendez-vous a été programmé le lendemain, le temps que la petite famille soit là.

La patience s’amenuise, l’envie de rejoindre le cocon familial devient pressante, l’état de fatigue mental l’emporte, demain paraissait une éternité, chaque information devenait précieuse, la puéricultrice de nuit passait pour faire un test auditif, la veille, elle n’a pas réussi à le faire, il fallait un silence religieux tel celui de l’église. Le téléphone n’arrêtait pas, Mama murmurait doucement au téléphone, la dame était gênée par ses bribes de sons sans pouvoir l’exprimer. Le contrôle auditif était compromis, la troisième tentative était la bonne, jamais deux sans trois.

La pesée était réalisée le matin, je lui ai expliquée la situation, elle a fait une deuxième pesée grâcieusement, la courbe du poids remontait, l’entendant me dire cela a égayé notre soirée, la zone d’inconfort se dissipait, une envie véhémente de manger, l’endorphine a été diffusée plus rapidement que prévu.

L’apprentissage d’être maman … en cours de chargement

On ne nait pas maman mais on le devient…..

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