Mummy at forty

La journée marathonienne s’achève en me remontant à ma chambre après deux heures de l’accouchement. Aux alentours de 11H, le temps de m’installer, j’avais une faim de loup. Notre petit être découvre les bras de papa tout en cherchant à manger. Le temps qu’il me la passe, on frappe à la porte, le service de nuit, la sage-femme et la puéricultrice. Un contrôle pour voir les saignements, elle appuya sur mon ventre, je sentais une fontaine de sang sortir, sans pouvoir sentir mes pieds anesthésiés. Elle s’excuse si elle me faisait mal, elle répète le geste trois fois. Un visage avec des grimaces non réconfortantes, elle demande à sa collègue de donner les biberons à la petite. Le papa demande si c’est grave, elle essayait d’atténuer la situation. Il fallait redescendre au bloc vers minuit, l’effet de la péridurale s’estompe, les tranchées prennent place en douceur. Le va-et vient de l’équipe du nuit n’était pas rassurant, la gynécologue vient me voir pour me dire que je serai leur invitée pour cette nuit d’Halloween. Mon mari vient de m’envoyer un message s’il peut descendre avec la petite pour rester ensemble. Niet, interdiction d’entrer avec la nouvelle-née. Après plusieurs échanges, il laisse l’écume de mon coeur après avoir mangé dans la pouponnière.

La douleur s’accentue, aucune connexion internet,lumière tamise. Je gémissais en silence, mon mari essaya de voir une infirmière, le couloir était vide. Ambiance Halloween, l’ether avec un dosage élevé, après plusieurs aller-retours, l’infirmière dit à mon mari que je suis déjà sous anti-douleur. Elle répète le geste de sa collègue, mon mari a été traumatisé de voir cette quantité de sang. Un certain moment, elle lui demanda de sortir. Elle a essayé de m’apaiser, je n’arrivais à parler, mes larmes ruisselaient mode vibreur.Je ne supportais plus la douleur, d’ailleurs, ce n’était pas un choix. Mon mari me voyant en détresse, il va chez l’infirmière pour m’administrer un médicament plus fort. trente minutes après son passage, Ibuprofen par voie intra-veineuse, tout ce que j’adore, malgré cela, c’est de pire en pire. J’ai pris la dose maximale, c’était deux heures du matin, ce n’est que le début de cette deuxième journée de 24H. La fatigue a été ma morphine, je perdais conscience ou je dormais, l’important c’était de ne rien sentir. Les bras de morphée étaient salvateurs, croyant l’arrivée d’Ezequiel est proche. J’avais épuisée toutes mes prières et mes supplications, mes labiales n’arrêtaient pas. J’entends une petite voix chuchotée, elles vont venir te prendre, mon mari a passé la nuit devant moi en faisant l’ascenseur entre moi et notre petit coeur.

C’était le temps de la délivrance après une nuit infernale, où tout pouvait basculer, la montée à la chambre s’est faite en douceur, je vois les premières lueurs du jour, une vue sur la méditerranée, un premier jour de novembre, une mer calme bleu azur, un ciel bleu orangé avec quelques nuages, la promenade des anglais accueille ses premiers joggeurs, ses visiteurs…

Le service matinal me réveille à 7H, à peine je m’étais endormie, il faut vous notifier que la quantité de médicament de la veille. Il fallait que je n’allaite pas l’écume de mon coeur, par précaution. J’avais juste envie de dormir, je n’arrive pas à me lever, j’étais tel un bébé qui apprend à marcher, le tournis qui s’invite. Mon corps est chamboulé, il a échappé belle. Il est meurtri, plus qu’un triathlon, il a tourné en plein régime. Le repos était une option omise.

Les enfants sont venus rendre visite à leur soeur, Mamie et Papi n’étaient pas autorisés à nous rendre visite. Ils ont apporté un cadeau chacun, ils ont demandé le prénom, un large sourire, le prénom est toujours cette perle recherchée, d’ailleurs même le personnel le demande pour la faire rentrer dans le fichier, le papa a donné un prénom. Je n’étais pas d’accord, je suis une personne qui croit que chaque personne prend chance de son prénom. La chance elle se provoque, ils ont tous un prénom original mais surtout qu’il a un sens. Je ne voulais pas céder, des négocations digne d’un derby enflammé. Durant les trois jours, le personnel de la clinique posait toujours la même question fastidieuse.

Dans tous ce vacarme clinquant, un regard bleu jovial ouvra la porte, c’était la première puéricultrice que j’avais rencontrée,lors de mon premier accouchement, elle est sympathique, bienveillante. Régine, je n’oublierai jamais son prénom, parenthèse ouverte, mon petit bonheur fréquente une école portant son prénom, est-ce une coincidence? chaque chose arrive pour une raison, rien n’est gratuit, même la gifle est payante. Parenthèse fermée, Régine a reconnu mon petit coeur, c’est la copie conforme de son frère. J’étais ravie de la retrouver, elle était d’une grande aide notamment quand mon petit coeur a bu du lait à travers, elle était toute bleue. Le papa était en panique,il a fait le tour de la clinique, alors que la porte était en face de nous, j’avais le visage blême, je n’arrivais pas à parler. Elle nous a vu , elle l’a prise en charge, dans la seconde qui suit, elle a repris des couleurs, on avait peur que cela l’affectait ce manque d’oxygène. Elle l’a eu la gentillesse d’appeler le pédiatre sur le tas.

En me voyant, il s’exclama: encore vous, elle lui expliqua la situation et le lien qui nous unit quelques part. Ce fût un geste plein de tendresse, tandis que la gynécologue était complètement décalée, un personnage de cinéma, une femme joyeuse, avec un humour décapant.

Après avoir vécu plusieurs sensations, je voulais rentrer à la maison, personne n’avait l’info. Je voulais sortir plutôt que prévu,il voulait s’assurer que tout va bien. Un retard d’une journée, j’ai vécu le plus long dimanche scrutant la mer, un marathon, le soleil, les avions… rien ne venait à bout de cette journée. J’avais rangé toutes mes affaires, le prénom de mon petit coeur est toujours en vadrouille. Le suspens a été tenu jusqu’à la dernière seconde. Il faut savoir persévérer, c’est un sport que chaque maman pratique quotidiennement par son gré ou pas.

Un nouveau couffin vert olive acheté sur le tas, comme si c’était le premier enfant, le retour à la maison plutôt l’hôtel 5 étoiles par la mama que je ne remercierai pas assez. toute la gourmandise et le soin pour mes enfants, Mamie et Papi étaient en mission commando réussie avec brio. L’odeur des épices, la maison bien rangée. Il y avait une touche d’un savoir-faire ancestral.

L’euphorie est de courte durée, les tranchées reprennent, j’ai oublié de prendre les médicaments. Il fallait faire des injections pour des femmes qui ont accouchées en césarienne,c’était pas mon cas, après vérification, il fallait les faire par peur d’éviter une coagulation. Je vous fait l’histoire courte, deux jours pour trouver une infirmière libre, ma sage-femme me disait que je pouvais le faire toute seule. Ma mère se frottait les mains, une copine à elle infirmière, si j’étais au Maroc cela aurait été plus facile.J’ai eu droit à 3 infirmières dont un avec un humour belge rendant mes bras violets plus que les lilas.

Le bonheur de retrouver mon petit bonheur, mon artiste en herbe préférée et ma princesse rencontrant l’écume de mon coeur, un nouveau chapitre s’annonce…

Prenez soin de vous, de votre santé mentale,c’est vital. Vous pouvez être quadra et être jeune maman, quarante ans c’est les twenties du 21ème siècle, vous serez une maman exceptionnelle si vous le choisissez car vous êtes unique. l’intelligence artificielle c’est vous, on peut vous imiter mais à jamais vous égaler.

Cheers supermamas

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