Le corps est une machine mystérieuse, il te livre des projets ad hoc fini ou semi-fini.Après un début d’année sous de bonnes auspices, l’humaine en moi à presque repris le train de la vie. Je redécouvre le monde des adultes, musique,séries, lecture, notamment, les grasses matinées. Un luxe que je me paye avec un chèque à blanc.Les lilas et le muguet embaument ce mois truffé de longs weekends.
Nous étions à Avignon, j’étais bien inspirée, je reprends ma plume dans un silence religieux.Humant un mistral parfumé au coeur de la nuit,je dépoussière des sensations oubliées. Durant nos balades, je canalisais ma fatigue, je me disais un manque de vitamines. Je traine un peu sauf mon rendez- vous a été déjà pris pour renouveler mes séances de rééducation abdominale. J’avais perdu beaucoup de poids, une alimentation équilibrée, une élasticité du corps améliorée, je me sentais mes neurones se régénérer.Une nouvelle étape de la vie, l’organisation a été faite sur un papier de filigrane.
Mon corps a oublié de désactiver le programme :Enfanter, pour la deuxième fois, il prend soin d’un foetus. Je suis allée pour effectuer des analyses de routine. Je ressors avec un résultat positif de quelques semaines. Un rendez-vous IVG a été pris, je ne pouvais pas décrire ma rage, mon ire noire. Tu fais le nécessaire pour éviter cette situation, tu retombes comme une newbie. J’étais frontale avec la gynécologue, j’ai expliqué la situation. Elle hocha la tête tout en me disant, il faut faire une écho pour déterminer le nombre de semaines. Le temps de mettre l’appareil, le son de son coeur est audible, mes larmes descendent sans prévenir, je voyais la détresse du médecin en face. Elle me dit c’est le dernier jour, vous êtes en deuxième trimestre. Je n’arrivais plus à porter mon corps. Je sors le visage effaré, je rentre dans la voiture, mon mari, ma petite fille, je tire sur lui en boulets rouges.Je ne savais ni quoi faire ni quoi dire, la petite en haut de ses 3 pommes à peine deux ans, elle me dit : Papa t’a dérangé. Je réponds avec un grand OUI, je n’avais plus de boussole. I was feeling ashamed, why me exactly in these period? C’est la phrase que je me suis dite sur le tas. Cela m’a pris du temps pour le dire à mon cercle très intime. Il fallait une deuxième écho, durant c’est quinze jours. La foi était mon alibi, tout arrive pour une raison, je venais d’accoucher d’un roman qui est resté en suspend. Il y avait d’autres priorités à placer. C’était très difficile à digérer, tout un système va se refaire. Un nouveau monde se refait…
En sortant de l’échographiste, la mama a l’autre bout du téléphone, je me confie dans un état de panique, elle a été déboussolé, elle se ressaisit sur le le moment. Elle commence à me rassurer au maximum, mes pieds m’ont ramenés à l’aéroport. Une envie inconsciente de rentrer,d’ailleurs j’avais mon billet, un mois après.
Je vous fais un come-back chez l’échographiste, elle m’annonce que ma paroi est épaisse autrement dit d’une manière élégante, je suis obèse, elle n’entend pas le coeur de la petite. Il fallait prendre rendez-vous chez une cardiologue spécialisé pour cela ensuite revenir la voir. Le hic était que j’avais un vol, elle me dit ce n’est pas urgent, c’est juste une question d’assurance. J’avais un regard perplexe, entre sorties scolaires de fin d’année, spectacles de fin d’année et le téléphone, il m’a fallu 150 appels pour pour pouvoir parler à la secrétaire tout en envoyant un mail en amont avec tous les détails. J’avais un rendez-vous avec la pédiatre, j’étais embarrassée de l’annoncer, c’est une personne que j’apprécie beaucoup. Elle a désamorcé la situation, le lendemain je repars au CHU pour faire la fameuse écho avec une cardiologue très avenante et une discussion qui a apaisé mes peurs, tout allait bien sauf moi. Physiquement et moralement, j’étais aux abonnés absents.Il fallait se reprendre. Une grossesse à 6 mois inaperçue, j’avais dit à ma pédiatre vous avez 3 mois, vous allez rencontrer le nombre pair de la fratrie. 15 minutes avant, elle me dit Mme Salhi, vous avez beaucoup maigri, c’est quoi votre secret, la chute était brutale.
Elle était surprise, il fallait expérimenter un déni de grossesse partiel. On dirait que je suis un cas d’école, 4 histoires différentes, deux grossesses pleinement vécues, une 3ème à demi-mot, en outre un accouchement surprise la veille des fêtes de fin d’années.
L’annonce de la grossesse aux enfants, je l’ai présenté comme une mission. Je leur ai confié un secret intime, ils devaient le garder, surtout ils ont remarqué on en parle pas. Ils ont eu l’assurance que c’est vraiment un secret. Mon petit bonheur sur un temps ferme m’a dit : Maman je savais que tu étais enceinte. Lui, il a ce don de dénicher les dénis de grossesse voire un 6ème sens aiguisé.
Les derniers mois de grossesse étaient fatiguantes, un supplice. J’attendais la journée de la délivrance avec impatience. Ma marque de fabrique était toujours l’originalité, cette fois a été pousser à l’extrème. J’accouche après terme, cette fois une semaine après la date butoire, mon coeur a tické, j’ai refusé car il y avait la toussaint entre jeudi et samedi tout un monde. La torpille a été lancé dans mes artères le jeudi en fin de matinée après 3 essais ratés. L’anesthésiste est un ancien combattant du service. Je prenais mon mal en patience, un travail latent, il se fait en douceur. Le corps s’alourdit, le regard se promène sur la promenade des anglais, elle était sur ses 31, un dernier jour d’octobre avec un air printanier.
La délivrance s’est faite aux alentours de 18H20 mon écume de joie pointa son joli minois entre les mains de la gynécologue. une part de la journée a été soldée. Halloween, Ezéquiel vont prendre le relais pour la deuxième partie de la soirée. Après tant d’émotions, la suite se déroulera sur une autre page…

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